Il y a quelque temps, j’ai vécu un mois difficile en tant que mère : mon petit garçon et moi étions déconnectés. Pendant cette période, il a seulement revendiqué son père, me repoussant verbalement et physiquement, me faisant sentir « trop », interrogeant tout mon rôle de mère , malgré lui. Je me sentais triste et en colère.Je ne savais pas comment « retrouver l’amour » de ce petit homme qui a affirmé sa personnalité. Plus il m’a repoussé, plus je me suis lutté. Cercle vicieux.
Parfois, tout semble s’effondrer. J’ai connu ce point de rupture : quand la fatigue, le sentiment d’échec et l’épuisement parental s’accumulent, c’est tout un équilibre familial qui vacille. Pourtant, c’est là, au fond du trou, que j’ai compris que je n’attendais pas de mon fils qu’il m’aime en retour pour continuer à être là pour lui. Cette prise de conscience m’a permis de relâcher la pression. J’ai cessé d’interpréter chacun de ses gestes comme un rejet personnel. À partir de ce moment, j’ai retrouvé la capacité de l’accueillir, tel qu’il était, sans condition. Le même jour, entre nous, quelque chose s’est rouvert : un sourire, un geste, une complicité retrouvée.
Depuis, j’ai pris une décision : refuser de prêter à mon fils des intentions qui ne sont pas les siennes. Il ne cherchait pas à me toucher ou à me faire du mal sciemment. Ce sont mes attentes, mes projections, qui rendaient le quotidien pesant. Ce lien parent-enfant grandit avec la régularité et notre façon de rester présents les jours de soleil comme sous la pluie.
Quand tout paraît figé, il devient possible de remettre du mouvement dans la relation en expérimentant des solutions concrètes. Avec ma sœur Ariane, qui connaît bien le quotidien auprès des tout-petits, nous avons choisi d’approfondir le sujet chacune à notre façon. Parce que ces montagnes russes familiales, beaucoup les traversent, souvent en silence.
Parlez ensemble pour retrouver la complicité
Mettre des mots, même maladroits, ouvre une porte. Les plus jeunes saisissent mille signaux. Leur expliquer ce qu’on ressent, leur donner un vocabulaire pour apprivoiser leurs émotions, c’est déjà leur transmettre un outil pour appréhender leurs tempêtes intérieures.
1, Écouter vraiment ✨
Un enfant ne maîtrise pas toujours le langage, mais son corps, ses cris ou ses pleurs parlent pour lui. Accueillir ce qui sort, sans juger, prendre le temps de demander simplement « Qu’est-ce qui se passe en toi ? » apaise bien des orages intérieurs et invite à la confiance.
2, Dire « je t’aime » souvent ✨
Répéter ces mots même dans le chaos. « Je t’aime ». Pendant la dispute, après une crise, malgré la fatigue. Ces phrases redessinent un cercle de sécurité. Elles ne perdent rien à être dites trop souvent. Elles rassurent, solidifient le lien et apportent de l’apaisement.
3, Faire preuve d’empathie ✨
Essayer de ressentir ce qui traverse l’enfant, accepter que son monde diffère du nôtre. Se rappeler la fureur et la tendresse de l’enfance, le tumulte quotidien… Une once de cette empathie change la donne. Elle peut transformer l’ambiance d’une journée lourde.
4, Chercher ensemble des solutions ✨
Quand la tension monte, il est possible de proposer plusieurs pistes à l’enfant, de l’inviter à choisir ce qui l’aiderait à aller mieux. Cela ne passe pas toujours par de grandes promesses. Offrir un choix simple, c’est déjà lui donner la main pour avancer. Voici quelques idées, à adapter selon le moment :
- Demander s’il souhaite une étreinte ou un câlin doux
- Partager une activité calme comme lire, dessiner ou partir marcher
- Installer un petit coin dédié pour que la parole circule librement, sans contrainte
✨ Les phrases qui retissent le lien
Au fil de notre réflexion, nous avons réuni des phrases qui soutiennent la reconnexion parent-enfant. Elles viennent de nos expériences et de rencontres, inspirées aussi par des lectures, mais surtout forgées dans le quotidien. Une vraie boîte à outils pour ressouder la communication lorsqu’elle vacille. Il existe d’ailleurs une affiche regroupant ces phrases, à imprimer, avec des conseils pour traverser les tempêtes émotionnelles.
Phrases universelles, vraiment ?
Si cet article se nourrit de l’expérience mère-enfant, les stratégies abordées peuvent tout autant nourrir les relations entre adultes. Tout tient dans l’écoute : prêter attention à ce qui vient, offrir un espace sans jugement, accueillir la parole. Parfois, une phrase anodine permet de faire tomber une barrière.
Quand tout semble bloqué, un mot juste, la main tendue, suffisent à redonner de l’élan, même aux liens éreintés. Rien n’est jamais figé pour toujours entre un parent et son enfant : il suffit parfois simplement de trouver le courage d’ouvrir à nouveau la porte, même après la tempête.





