Un non-résident français qui revend un appartement à Barcelone doit s’acquitter en Espagne d’un impôt spécifique sur la plus-value, même si ce bien n’a jamais été loué. Les abattements pour durée de détention ne s’appliquent pas, contrairement à la France. La retenue à la source de 3 % sur le montant total de la transaction s’effectue automatiquement chez le notaire, avant toute déclaration fiscale.
Les règles varient selon la date d’acquisition, la nature du bien et le statut du vendeur. Des conventions fiscales entre la France et l’Espagne évitent la double imposition, mais impliquent des démarches précises et des déclarations croisées.
Comprendre la fiscalité sur la plus-value immobilière en Espagne
La plus-value immobilière réalisée lors de la vente d’un bien immobilier en Espagne obéit à un système fiscal bien différent de celui que connaissent les propriétaires en France. On parle ici de gain patrimonial ou « plusvalía », qui se calcule à partir de la différence entre le prix de vente et le prix d’achat, auxquels s’ajoutent les frais et investissements justifiables. Pour les non-résidents, une retenue à la source de 3 % est systématiquement prélevée sur le prix total, à l’initiative du notaire lors de la transaction. Cette somme représente un acompte, mais ne règle pas toujours la totalité de l’impôt dû.
L’administration fiscale espagnole applique en réalité deux prélèvements distincts. D’abord, l’impôt national sur la plus-value immobilière (« impuesto sobre incremento de patrimonio »), dont le taux oscille entre 19 % et 28 % en fonction du montant de la plus-value. À côté, la plusvalía municipale s’ajoute, portant uniquement sur la valeur du terrain et calculée selon la valeur cadastrale et la durée de détention. Chaque municipalité possède son propre barème, souvent mal connu des vendeurs étrangers.
Voici les principaux prélèvements à anticiper lors d’une vente :
- Impôt sur la vente d’un bien immobilier en Espagne : basé sur la différence entre le prix d’acquisition et le prix de cession, en tenant compte de certains frais.
- Plusvalía municipale : taxe locale calculée sur la valeur cadastrale du terrain, qui varie selon la commune et la durée de détention.
La convention fiscale franco-espagnole accorde aux résidents fiscaux français un crédit d’impôt équivalent à l’impôt payé en Espagne, ce qui permet d’éviter d’être taxé deux fois. Mais chaque étape, du calcul du prix d’acquisition à la déclaration du gain patrimonial, requiert une attention de tous les instants. La moindre approximation peut entraîner des ajustements, des pénalités, voire des litiges entre les deux pays.
Quels impôts s’appliquent lors de la vente d’un bien ?
La vente d’un bien immobilier en Espagne ne laisse rien au hasard côté fiscalité. Plusieurs couches d’imposition se superposent, chacune avec ses propres règles. La première, la plus attendue, reste l’impôt sur la plus-value (ou « impuesto sobre incremento de valor »), qui porte sur le gain patrimonial dégagé entre le prix de vente et le prix d’achat. Le calcul prend en compte les frais de notaire, les travaux éventuels, ou encore les taxes réglées à l’achat ou à la revente. Les non-résidents voient automatiquement 3 % du prix de vente prélevés à la source par l’administration espagnole.
À cela s’ajoute un impôt local : la plusvalía municipale. Cette taxe ne s’applique qu’à la valeur cadastrale du terrain (valor de los terrenos de naturaleza urbana), sans tenir compte du bâti. Son montant dépend du taux municipal fixé par la commune et de la durée de détention, avec une assiette limitée à la seule valeur du terrain, recalculée chaque année selon des coefficients actualisés.
Pour illustrer les différents niveaux d’imposition, voici un résumé clair :
- Impôt sur la renta de no residentes : vise le gain patrimonial, avec un taux progressif de 19 % à 28 % pour les personnes physiques non-résidentes.
- Plusvalía municipal : taxe la revalorisation du terrain, son montant dépend de la localisation et du temps de possession.
Les résidents fiscaux français disposent d’une convention fiscale qui neutralise la double imposition, à condition de bien déclarer chaque opération dans les deux pays. La prudence reste de mise sur la nature des impôts, leurs modalités de calcul et l’existence d’un crédit d’imputation. Selon le statut fiscal du vendeur, les obligations déclaratives diffèrent, et toute négligence peut entraîner une régularisation coûteuse.
Calcul du montant à payer : méthodes, taux et exemples concrets
Le calcul de l’impôt sur la vente d’un bien immobilier en Espagne s’articule autour de deux axes : le gain patrimonial et la plusvalía municipale. Chacun répond à une logique propre, qu’il vaut mieux maîtriser avant de signer la vente.
Détermination de la plus-value immobilière
Le gain patrimonial se mesure en soustrayant du prix de vente le prix d’acquisition augmenté des frais justifiés (notaire, agence, travaux). L’impôt national sur la plus-value immobilière s’applique ensuite selon trois tranches : 19 % jusqu’à 6 000 euros de gain, 21 % entre 6 000 et 50 000 euros, puis 23 % au-delà.
Pour donner un ordre d’idée : un appartement acheté 200 000 euros, revendu 300 000 euros dix ans plus tard, avec 10 000 euros de frais déduits, génère un gain imposable de 90 000 euros (300 000, 200 000, 10 000). L’impôt se calcule alors par tranches, avec les taux en vigueur.
Plusvalía municipale : la taxe locale à ne pas négliger
La plusvalía municipale frappe la revalorisation du terrain urbain, sans tenir compte de l’immeuble. Son montant dépend de la valeur cadastrale du terrain, de la durée de possession et du taux municipal propre à chaque ville. Une détention longue permet de réduire progressivement la base imposable grâce à des coefficients dégressifs.
Les critères de ce calcul sont les suivants :
- Durée de détention : une période étendue diminue l’assiette imposable.
- Taux municipal : déterminé par la municipalité, généralement compris entre 20 % et 30 %, appliqué sur la base calculée.
Pour connaître le montant exact, il est indispensable de consulter la valeur cadastrale du terrain et le barème municipal avant de finaliser la cession d’un bien immobilier en Espagne.
Résidents, non-résidents : ce qu’il faut savoir pour éviter les mauvaises surprises
Pour l’impôt sur la vente d’un bien immobilier en Espagne, tout repose sur le statut fiscal du vendeur : résident ou non-résident. La résidence fiscale est définie par la durée de séjour ou par le centre des intérêts économiques. Mettre en vente une maison à Valence, Séville ou Barcelone n’a pas les mêmes conséquences selon sa situation fiscale.
Le non-résident voit une retenue immédiate de 3 % du prix de vente, prélevée par le notaire au profit du fisc espagnol. Ce montant s’impute ensuite sur l’impôt sur la plus-value immobilière réellement dû. Le non-résident doit par la suite déposer le formulaire 210 pour régulariser sa position auprès de l’administration. Si la plus-value se révèle faible ou négative, il reste possible d’obtenir un remboursement partiel de cette retenue, sous réserve de fournir les justificatifs.
Pour le résident fiscal en Espagne, le traitement diffère : la plus-value doit être déclarée dans l’impôt sur le revenu (IRPF), dans la section dédiée aux gains patrimoniaux. Grâce à la convention fiscale franco-espagnole, un Français qui vend un bien en Espagne bénéficie d’un crédit d’impôt en France à hauteur de ce qui a été payé en Espagne.
Une vigilance accrue s’impose pour chaque déclaration fiscale, tant en France qu’en Espagne. Les échanges d’informations entre les deux administrations se font désormais de manière systématique. Les professionnels du secteur recommandent de respecter scrupuleusement les délais et de conserver l’ensemble des justificatifs liés à l’achat, aux frais et à la revente du bien.
Vendre un bien immobilier en Espagne, ce n’est pas seulement signer chez le notaire et empocher un chèque : c’est traverser un véritable parcours administratif, où chaque détail compte. Anticiper, s’entourer et vérifier chaque document, c’est se donner les moyens d’éviter les mauvaises surprises et de transformer la vente en atout, plutôt qu’en casse-tête fiscal.



