La taxe pour l’enlèvement des déchets ménagers ou TEOM est une taxe qui fait partie des frais recouvrables auprès du locataire. Nous allons expliquer dans cet article ce qu’est TEOM, qui paie pour cela et comment vous pouvez le facturer au locataire.
Méthode de calcul du TEOM
La taxe sur l’enlèvement des déchets ménagers représente une ressource pour les communes afin d’assurer le ramassage et le traitement des poubelles. Plusieurs dispositifs existent, mais dans de nombreuses villes, c’est ce mode de financement qui prévaut (d’autres alternatives sont détaillées sur la page du service public). Tout bien soumis à la taxe foncière l’est aussi à la TEOM dès lors que la commune a retenu ce principe. Ce montant n’a rien à voir avec le volume de déchets générés : même un logement inoccupé reste concerné, sauf cas exceptionnels où la vacance échappe à la volonté du propriétaire.
La TEOM s’acquitte en même temps que la taxe foncière et dépend directement de la valeur cadastrale du bien. Pour retrouver le montant exact, il suffit d’examiner le tableau figurant en page deux de votre avis d’imposition. Voici un exemple concret :
À partir d’un avis de taxe foncière classique, si la ligne TEOM affiche 170 €, ce montant correspond à la part annuelle que le propriétaire pourra réclamer au locataire, selon les modalités détaillées juste après.
Une taxe à intégrer dans les charges récupérables
La taxe sur les ordures ménagères figure parmi les charges récupérables auprès du locataire. La façon de l’inclure dépend du mode de gestion retenu pour les charges.
Récupération via une provision pour charges
Le système de provision est le plus courant en location vide. Chaque mois, le locataire verse un montant calculé à l’avance, qui sera ajusté à la fin de l’année en fonction des dépenses réelles. Contrairement à ce que pratiquent parfois certains propriétaires (ou même des gestionnaires), la TEOM doit être intégrée dans la provision au même titre que les autres charges. Elle participe donc au calcul lors de la régularisation annuelle.
Dans les faits, la régularisation permet de coller au plus près des dépenses réelles. Mais l’enjeu devient flagrant si la provision initiale est sous-évaluée. Imaginons un logement avec très peu de charges courantes : 20 €/mois, par exemple. Si le propriétaire s’est basé sur ces seules charges pour fixer la provision mensuelle, sans inclure la TEOM qui représente 15 €/mois, le locataire risque de s’étonner au moment de la régularisation annuelle de devoir débourser bien plus que prévu. La solution la plus transparente : intégrer d’emblée la TEOM dans la provision, et demander dès le départ 35 €/mois.
Récupération via un forfait de charges
Le forfait de charges se prête davantage à la location meublée ou à la colocation en location vide. Avec ce mode de fonctionnement, inutile de procéder à une régularisation annuelle : le montant est fixé à l’avance, sans ajustement. Il est toutefois recommandé de rester cohérent avec les dépenses réelles, afin d’éviter les mauvaises surprises lors d’un renouvellement ou d’une éventuelle contestation. L’idéal : inclure la TEOM dans le calcul du forfait pour que tout soit clair dès la signature du bail.
Recouvrement sans provisions
Certains propriétaires, en particulier ceux qui louent une maison individuelle où les charges sont faibles, choisissent de ne rien demander chaque mois et de tout régulariser une fois par an. Le principe est simple : en fin d’année, le propriétaire transmet au locataire la liste complète des charges récupérables, y compris la TEOM, et réclame le remboursement en plus du loyer mensuel habituel.
Que faire si le locataire part en cours d’année ?
Pour les départs anticipés, la logique reste la même que pour toute charge récupérable. La TEOM se répartit alors au prorata du temps d’occupation du locataire sur l’année civile. Ce calcul ne concerne pas les forfaits, mais s’applique dès qu’il y a régularisation au réel, avec ou sans provision. Le bailleur garde la charge de la TEOM pour les périodes où le bien reste vacant.
En somme, la TEOM fait partie de ces détails qui, mal anticipés, peuvent rapidement tendre la relation entre bailleur et locataire. Une gestion transparente, des montants justes et une communication claire évitent bien des litiges. Facturer la taxe des ordures, ce n’est pas seulement respecter la loi : c’est aussi garantir un équilibre durable entre propriétaire et occupant. Qui aurait cru que la poubelle pouvait peser aussi lourd dans la location ?



